
Nouveau chapitre, nouveau line-up, liberté créative intacte et une vision du live qui va bien au-delà de l’envie de faire remuer une salle : DUST IN MIND nous parle de HCNO, de cette nouvelle étape de son histoire et de ce qui continue à donner du sens au groupe. Accessoirement, nous avons aussi découvert qu’un certain Thomas entretenait une relation suffisamment sérieuse avec les sauces et les cacahuètes grillées pour mériter une enquête indépendante.
Avec DUST IN MIND, le mot « renouveau » mérite quelques précautions.
Le groupe strasbourgeois n’a pas décidé de jeter son identité dans une benne, d’effectuer trois tours sur lui-même et de revenir avec un nouveau costume en annonçant solennellement sa métamorphose. Avec HCNO, l’idée semble beaucoup plus naturelle : les vies évoluent, le line-up aussi, les goûts bougent et la musique finit simplement par suivre les personnes qui la créent.
Cette évolution arrive surtout chez un groupe pour lequel la scène reste fondamentale. DUST IN MIND ne considère pas le live comme la reproduction parfaitement sage de ce qui a été enregistré en studio, mais comme un endroit où les morceaux peuvent encore respirer, changer et surtout créer quelque chose avec ceux qui sont devant.
Alors forcément, chez Studio 42, on avait envie de parler de tout ça.
On a également demandé quel personnage de dessin animé pourrait remplacer leur batteur.
Notre ligne éditoriale possède plusieurs étages.

1. Avec HCNO, DUST IN MIND ouvre un nouveau chapitre. Si vous deviez expliquer à quelqu’un qui vous suit depuis plusieurs années ce qui a changé dans votre manière de créer et dans l’identité du groupe, vous lui diriez quoi ?
On n’a rien changé, au contraire, on essaie de garder une identité forte et qui nous correspond. Avec le temps, les vies changent, les goûts, la manière de voir les choses évoluent. Pour nous, il était temps de pivoter et se réaligner sur ce qui nous fait vibrer, sans aucune contrainte. Et HCNO est le résultat naturel qui en découle.
Voilà qui remet immédiatement les choses à leur place : HCNO n’est pas présenté comme une rupture, mais comme la suite logique de ce qu’est devenu DUST IN MIND.
Une nuance intéressante lorsqu’on sait à quel point le mot « nouveau » peut rapidement envahir la communication autour d’un groupe qui évolue. Nouveau chapitre, nouveau son, nouvelle ère, nouvelle identité, nouvelle coupe de cheveux si vraiment le service marketing commence à manquer d’idées… DUST IN MIND préfère parler d’alignement.
La musique bouge parce que les gens qui la font ont bougé avec elle.
2. Vous avez pas mal voyagé et partagé des scènes avec de sacrés noms. Après toutes ces années, qu’est-ce qui vous donne encore cette envie de monter sur scène et de faire vivre DUST IN MIND ?
DUST IN MIND, c’est un groupe live. Damien produit la majorité des choses en studio, le groupe quant à lui s’exprime vraiment en live. On adapte les morceaux, on se laisse une totale liberté de pouvoir proposer un concert qui a du sens pour nous, où l’échange entre public et groupe est présent. Pour nous, notre setlist est la narration de l’histoire, et le show en est la communication et l’expansion. On a toujours eu besoin d’échanger avec le public. Ce qui est beau dans la musique, c’est se retrouver sur des paroles ou une musique qui nous touche. L’histoire d’un instant, on est dans une salle tous ensemble, et tous indestructibles.
Cette réponse explique probablement mieux DUST IN MIND que n’importe quelle succession d’étiquettes musicales.
L’idée d’une setlist pensée comme une narration, dont le spectacle devient le prolongement, raconte surtout une conception du concert où le public n’est pas placé devant une démonstration à regarder gentiment. Le lien fait partie du spectacle lui-même.
Cela explique également pourquoi adapter les morceaux pour la scène ne ressemble pas ici à une trahison de leur version studio. Un titre enregistré est une matière de départ ; devant le public, il peut vivre autrement.
Puis il reste cette dernière image : pendant un instant, une salle entière réunie autour de la même musique et « tous indestructibles ».
On va essayer de ne pas devenir trop sentimentaux tout de suite, parce qu’Obélix arrive bientôt.

3. Et à l’inverse, pour quelqu’un qui vous découvre aujourd’hui : quel morceau de DUST IN MIND lui mettez-vous dans les oreilles en premier et pourquoi celui-là ?
UNBREAKABLE. Tout simplement parce qu’il aborde à peu près tous les thèmes qui nous parlent : énergie, variété musicale et vocale, identité, message fort, gros breakdown.
Il y a bien sûr d’autres morceaux qui pourraient coller, mais celui-là nous correspond très bien.
Le cahier des charges est donc complet : énergie, variété, identité, message et gros breakdown.
Nous apprécions particulièrement que ce dernier soit mentionné au même niveau que le reste, parce qu’on peut évidemment avoir un propos, une vision artistique et des choses importantes à raconter tout en considérant qu’à un moment donné, une guitare doit également faire son travail correctement.
Pour les nouveaux arrivants, la porte d’entrée est donc désignée : UNBREAKABLE.
Après ça, vous vous débrouillez. On ne peut pas non plus venir appuyer sur Play chez vous.
4. LA CONNERIE STUDIO 42
Vous devez remplacer votre batteur par un personnage de dessin animé. Qui vous choisissez et pourquoi ?
Ahah… ça le fera marrer alors on va dire Obélix. Thomas, c’est un gros mangeur, un gourmand, et un éternel curieux. Il veut foutre des sauces sur tout ce qui bouge, et adore les cacahuètes grillées, même en livestream nos auditeurs commencent à vouloir lui en envoyer chez lui 😆
Nous avions demandé un personnage de dessin animé pour remplacer le batteur.
Nous repartons avec un dossier concernant Thomas, sa consommation de sauces et un début de réseau international d’approvisionnement en cacahuètes grillées.
C’est exactement pour ce genre d’informations capitales que la Connerie Studio 42 existe.
Le choix d’Obélix semble néanmoins assez cohérent, même si plusieurs questions restent désormais sans réponse : quelle sauce accompagne idéalement une cacahuète grillée, combien de paquets faut-il prévoir pour une tournée et surtout, quelqu’un a-t-il pensé à prévenir Thomas que ses propres camarades viennent de balancer tout ça dans une interview ?
Nous déclinons toute responsabilité.

5. Vous dites quelque chose d’assez intéressant à propos de HCNO : vous n’avez pas voulu “changer”, mais plutôt vous réaligner avec ce qui vous fait vibrer aujourd’hui. Est-ce que cette liberté vous a amenés vers des choses que vous n’auriez peut-être pas osé faire sur les précédents albums ?
Le fait d’avoir un line up un peu différent aujourd’hui nous a ouvert d’autres portes en terme de créativité, et on a pu explorer des choses qui jusque la n’auraient peut être pas collé avec le précédent line-up. Donc je pense que l’univers a simplement suivi son cours et les choses se sont faites naturellement. Oser, on l’a toujours fait, avec des clips originaux, une musique qui était difficilement cataloguable (peut être encore aujourd’hui). On se laisse toujours la liberté de faire ce que l’on veut et ce que l’on ressent.
Voilà probablement le fil rouge de cette interview : la liberté.
Pas celle qu’on brandit comme un joli concept artistique, mais celle qui consiste à accepter qu’un groupe puisse évoluer parce que sa composition, ses membres et leurs envies ne sont plus exactement ceux d’une période précédente.
DUST IN MIND ne cherche donc pas à faire rentrer son présent dans la forme de son passé. Le changement de line-up a ouvert certaines possibilités, le groupe les explore et l’univers suit.
Quant à savoir précisément dans quelle case ranger le résultat, ils reconnaissent eux-mêmes que l’exercice était déjà compliqué auparavant.
Ça tombe bien, nous n’avions pas prévu de sortir le chausse-pied.

6. Vous décrivez votre setlist comme une narration et le show comme son prolongement. Quand vous construisez un concert Dust In Mind aujourd’hui, qu’est-ce que vous voulez que quelqu’un ait ressenti en ressortant de la salle, au-delà du simple fait d’avoir assisté à un bon concert ?
On aimerait simplement qu’il passe un bon moment, et cela peut venir de beaucoup d’émotions différentes. On essaie d’apporter de l’humanité au spectacle, à notre manière, et de transmettre un message d’unité. Si les gens ressentent notre musique et notre message, alors on ne fait qu’un, et cela donne de la force à tout le monde. Sortir avec une note positive. Les meilleurs moments pour nous, c’est quand au merch après le show les gens viennent et nous disent qu’ils ont passé un excellent moment, qu’ils se sentent bien. On a eu plusieurs personnes qui venaient nous voir pour nous dire qu’ils avaient beaucoup de pensés noires et négatives avant de nous découvrir, et qu’ils avaient l’impression de se sentir moins seul, qu’on les aidait maintenant à tenir le coup dans les moments difficiles. Quand vous avez ce genre de message, de discussion.. je pense que c’est la qu’on se rend compte de notre role en tant qu’artiste. Rassembler une communauté, dans le positif, pour traverser les moments durs de la vie, ensemble. C’est ça notre role et notre raison d’être en tant qu’artiste.
Cette réponse donne une autre dimension à tout ce qui précède.
Parce qu’au bout des productions, des clips, des kilomètres parcourus, des balances, des setlists travaillées et des concerts, il reste quelque chose d’extrêmement simple : des êtres humains qui réussissent à en atteindre d’autres grâce à leur musique.
Lorsqu’une personne vient expliquer après un concert qu’elle s’est sentie moins seule dans une période difficile grâce à ce qu’elle a entendu, les chiffres, les algorithmes et les statistiques d’écoute deviennent soudain assez secondaires.
DUST IN MIND parle d’unité, de communauté et de cette force que peut créer un concert lorsque la frontière entre la scène et la salle devient moins importante. Leur définition du rôle d’un artiste tient finalement là : rassembler suffisamment pour que certaines choses deviennent un peu moins lourdes à traverser seul.
On était partis avec Obélix et des cacahuètes.
On se retrouve à parler de ce que la musique peut réellement apporter aux gens.
Bienvenue chez Studio 42, où la ligne éditoriale effectue parfois des virages assez impressionnants.
LE MOT DE LA FIN
Pour terminer, on vous laisse complètement les commandes : un projet à annoncer, un groupe à recommander, un message à ceux qui vous suivent, une déclaration d’amour aux sauces ou absolument n’importe quoi que vous avez envie de laisser aux lecteurs de Studio 42 ? La parole est à vous.
On dira simplement merci à tout ceux qui nous soutiennent depuis le début, et à toute cette nouvelle communauté qui se forme autour de notre renouveau. On vous aime et on vous lachera pas. Des dates seront annoncées prochainement, et 2027 sera une belle année de concert pour nous. On espère vous retrouver sur ces dates pour partager de bons moments et échanger après le show au stand de merch. Du fond du coeur, merci, et à très vite.
Voilà donc la suite du programme : de nouvelles dates à venir et une année 2027 qui s’annonce particulièrement chargée en concerts pour DUST IN MIND.
Après cette interview, une chose ressort assez nettement. HCNO ne ressemble pas à une tentative d’effacer ce qui existait avant pour recommencer artificiellement à zéro. Le groupe conserve ce qui constitue son identité, accepte ce que les changements humains ont apporté et avance avec une règle qui paraît finalement assez saine : créer ce qui lui ressemble aujourd’hui.
Le reste se jouera là où DUST IN MIND dit lui-même prendre toute sa dimension : sur scène, face au public.
On suivra évidemment les prochaines annonces.
Et si vous croisez Thomas au merch, vous savez désormais quoi lui apporter.
Pas des fleurs.
Des cacahuètes grillées.
Pour la sauce, voyez directement avec lui, le dossier commence à dépasser nos compétences. 🥜🤘😂
Merci à DUST IN MIND d’avoir joué le jeu, pour les réponses, pour la sincérité et pour avoir fourni à Studio 42 une quantité parfaitement déraisonnable d’informations sur les habitudes alimentaires de son batteur.
On se retrouve devant une scène.
DES GROUPES. DES SCÈNES. DES RENCONTRES. UNE HISTOIRE⚡
STUDIO 42
Laisser un commentaire