5 + 1 • STUDIO QUARANTE DEUX
Il y a toujours un premier groupe. Celui qui monte sur scène alors que le festival vient à peine d’ouvrir ses portes, que les premiers verres commencent à se remplir et qui se demande probablement, en regardant l’heure : « Bon… est-ce qu’il va réellement y avoir quelqu’un devant nous ? »
Au MozHell 2026, ce groupe, c’était Astrayed Place.
On vous les avait déjà présentés dans notre Artist File #002, avec leur metal alternatif et progressif, leurs contrastes entre mélodies, atmosphères et passages beaucoup plus lourds, et cette place un peu particulière dans l’histoire de cette édition : ce sont eux qui ont envoyé le premier riff du festival.
Mais cette fois, plutôt que de parler d’eux, on avait envie de parler avec eux.
Et c’est Snow, guitariste d’Astrayed Place, qui a accepté d’essuyer les plâtres de notre toute première interview Studio Quarante Deux. Merci à lui d’avoir accepté de servir de cobaye. Il ignorait probablement dans quoi il mettait les pieds. 😂
On a parlé de ce fameux premier concert du MozHell, de leur manière de composer, de l’évolution du groupe, de leurs ambitions et d’un futur album en préparation.
Et puis, au milieu de tout ça, Mike O’Hearn et What Is Love sont arrivés dans la conversation.
Non, nous non plus, nous n’avions pas vu venir celle-là.
Bienvenue dans notre premier 5 + 1.


Cinq questions où l’on essaie de faire notre travail correctement.
Et une sixième où la rédaction abandonne toute prétention journalistique. 🤘🏻
1 • PREMIER GROUPE, PREMIER RIFF

Studio Quarante Deux : Vous avez eu la mission particulière d’ouvrir le MozHell cette année. Être le tout premier groupe d’un festival, quand le public arrive encore et que tout est à construire, ça se vit comment depuis la scène ? Et vous avez senti à quel moment que ça y était, que le festival était vraiment lancé ?
Snow :
« Hello ! Moi c’est Snow, guitare. Ça ne se vit pas QUE depuis la scène, enfin pour nous c’était le cas. Jusqu’au dernier moment, on se demandait s’il allait y avoir du monde.
On redoutait un peu d’avoir un “vide” devant nous, mais finalement pas du tout, c’était tout le contraire !
Je pense que quand on a vu la foule devant nous, on s’est vraiment dit : “OK, c’est maintenant.” »
Et on comprend mieux ce qui se joue dans les minutes précédant une ouverture de festival. Parce qu’avant le premier riff, il y a aussi cette inconnue assez brutale : est-ce que quelqu’un sera là pour l’entendre ?
Ce soir-là, la réponse était oui.passe le texte en blanc
2 • QUAND LES IDÉES SE RENTRENT DEDANS
Studio Quarante Deux : Astrayed Place joue beaucoup avec les contrastes : atmosphères, mélodies, passages beaucoup plus lourds, chant clair et saturé. Quand vous composez, est-ce que ces contrastes sont recherchés dès le départ ou est-ce qu’ils apparaissent naturellement parce que chacun ramène sa propre sensibilité dans le morceau ?
Snow :
« Franchement, ça dépend de la vibe. Parfois LM, à la basse, ou OD, à la guitare, arrivent avec une idée bien précise, puis on apporte tous notre grain de sel pour finalement avoir un mix homogène de toutes nos idées.
Ça arrive évidemment que les idées se confrontent et ne plaisent pas toujours, mais ce n’est pas très grave : on recommence en trouvant une autre approche.
C’est frustrant de devoir tout reprendre, mais c’est un mal pour un bien, en quelque sorte. »
Voilà peut-être une partie de la réponse à cette sensation de contraste que donne Astrayed Place : le morceau n’est pas la vision d’un seul membre à laquelle les autres viennent simplement ajouter leur instrument.
Les idées passent dans la machine collective. Elles se mélangent, parfois se cognent, certaines finissent à la poubelle et d’autres ressortent transformées.
La démocratie, donc.
Mais avec davantage de saturation. 😂
3 • FAIRE ÉCOUTER LE PRÉSENT À CEUX DU PASSÉ

Studio Quarante Deux : Depuis les débuts d’Astrayed Place, votre musique et le groupe ont forcément évolué. Si vous pouviez faire écouter un morceau actuel aux gars que vous étiez au tout début du projet, quelle serait leur réaction ? Et qu’est-ce qui vous rendrait le plus fiers de leur montrer ?
Snow :
« Au début du projet Astrayed Place ? Marrant, car je n’étais pas là ! 😄
Je pense que les gars auraient été dubitatifs, car ce n’était vraiment pas ce genre de direction artistique, aussi bien visuelle que musicale, à cette période.
Je pense que je leur ferais écouter Woe of Happiness. »
Et cette réponse raconte finalement beaucoup de choses en très peu de mots.
Un groupe n’est pas une photographie figée au jour de sa création. Les membres changent, les influences bougent, l’expérience s’accumule et l’identité se redessine.
Astrayed Place aujourd’hui n’est plus celui de ses débuts.
Et visiblement, c’est exactement le but.
4 • L’IMPROBABLE ORIGINE D’UN MORCEAU
Studio Quarante Deux : On parle souvent des influences musicales d’un groupe, mais beaucoup moins de ce qui l’inspire en dehors de la musique. Est-ce qu’un film, un jeu, un livre, une image, une expérience ou même quelque chose de complètement improbable a déjà déclenché une idée de morceau chez Astrayed Place ?
Snow :
« Complètement improbable, oui.
Daegius, à la batterie, a reçu un DM de Mike O’Hearn, le gars du meme What Is Love, pour lui souhaiter un joyeux anniversaire et lui proposer de faire une cover de What Is Love.
Oui, l’idée de ce single vient de là. 😄 »
…
Bon.
On avait demandé “complètement improbable”.
On reconnaît volontiers qu’ils ont parfaitement respecté le cahier des charges. 😂
Comme quoi, quelque part entre une répétition, une idée de riff et les méandres d’Internet, un message privé de Mike O’Hearn peut finir par devenir une véritable idée musicale.
Nous ne regarderons désormais plus jamais nos demandes de messages Instagram avec le même mépris.

5 • LA PROCHAINE MARCHE
Studio Quarante Deux : Imaginons qu’on vous retrouve dans deux ans pour une nouvelle interview. Quelle phrase vous rêveriez de pouvoir nous dire à ce moment-là ? “On vient de sortir…”, “On revient de…”, “On va jouer avec…” : c’est quoi le prochain gros rêve d’Astrayed Place ?
Snow :
« Notre prochain gros objectif à long terme, c’est de jouer sur une Main Stage de festival.
On espère aussi, d’ici là, avoir avancé, voire terminé l’album en préparation qui suit la nouvelle direction artistique du groupe. »
Voilà, c’est posé.
Une Main Stage.
Un album.
Et maintenant que c’est écrit sur Internet, nous considérons évidemment que ça constitue un contrat juridiquement contraignant avec l’univers. 😂
Plus sérieusement, c’est probablement la réponse que nous aurons le plus envie de ressortir si nous retrouvons Astrayed Place dans deux ans.
Parce qu’un projet musical se raconte aussi par les objectifs qu’on ose annoncer avant de savoir s’ils vont se réaliser.
Rendez-vous est pris.
💥 +1 • STUDIO QUARANTE DEUX
Nous avions réussi à maintenir une certaine dignité pendant cinq questions.
Il était temps d’y remédier.
Studio Quarante Deux : Vous êtes obligés de remplacer l’intro de votre prochain concert par une chanson totalement incompatible avec Astrayed Place. Pas le droit de choisir quelque chose de vaguement metal ou rock. Qu’est-ce qui retentit dans la salle juste avant votre arrivée sur scène, et assumez-vous encore votre choix une fois le public devant vous ?
Snow :
« Studio Bastiano.
Ou OD qui joue une musique d’ascenseur.
Au choix ! »
Nous avons longuement étudié ces deux propositions avec toute la rigueur attendue d’un média musical.
Notre conclusion :
on exige désormais la musique d’ascenseur jouée en direct par OD.
Nous sommes désolés, OD.
Enfin, pas énormément. 😂
« LE PLUS BEAU CADEAU QUE VOUS PUISSIEZ NOUS FAIRE »
Avant de refermer cette première interview, on leur a laissé le dernier mot.
Studio Quarante Deux : Quelque chose à dire aux lecteurs, aux fans qui vous écoutent déjà et à ceux qui vont peut-être vous découvrir après cette interview ?
Snow :
« Merci d’écouter notre musique, c’est le plus beau cadeau que vous puissiez nous faire. 🙏🏼
On a beaucoup travaillé ces deux ou trois dernières années à la suite des nombreux changements de line-up. Beaucoup de doutes aussi, pour être honnête.
Mais on est super fiers de tout ce qu’on a accompli jusqu’ici et notre détermination est plus forte que jamais ! »
Et finalement, derrière les riffs, les changements de direction artistique, les projets d’album, les scènes et les ambitions, c’est peut-être là que se trouve l’essentiel.
Un groupe qui a changé.
Un groupe qui a douté.
Un groupe qui a continué.
Et qui regarde maintenant devant lui.
Nous, on retiendra aussi l’image de ces quelques minutes avant l’ouverture du MozHell, quand quatre musiciens se demandaient encore s’ils allaient trouver du monde face à eux.
Puis la foule était là.
« OK, c’est maintenant. »
Pour Astrayed Place, on espère que ce n’était que le début.
Merci à Snow et Astrayed Place d’avoir accepté de répondre à nos questions et surtout d’avoir inauguré ce nouveau format avec nous. 🖤
Quant à vous, si vous ne les connaissez pas encore, vous savez ce qu’il vous reste à faire : allez écouter leur musique.
Apparemment, c’est le plus beau cadeau qu’on puisse leur faire.
Et celui-là ne coûte même pas un rein en merchandising.
📀 STUDIO QUARANTE DEUX
Des groupes. Des scènes. Des rencontres.
Et maintenant, des questions auxquelles certains acceptent étonnamment de répondre. 🤘🏻
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